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DESTRAZ REMY
MON
PARCOURS EN APICULTURE
Je suis né le 12 août 1943
et rien, absolument rien ne me prédestinait à devenir apiculteur.
Cependant, 36 ans plus tard, en lisant une revue technique dans
laquelle un commerçant proposait de l'acier inoxydable convenant
particulièrement bien à la réalisation d'éléments de machines pour le
traitement phytosanitaire, avait ajouté: (je cite de mémoire) ... tous
les produits chimiques dispensés même avec les meilleures machines, ne
sont pas d'un grand secours sans la pollinisation des fleurs par les
abeilles.
Ce fut le déclic, il y
avait un grand verger autour de la ferme familiale, et pas de ruches
dans le voisinage. Il fallait s'y mettre.
Je ne connaissais aucun
apiculteur et encore moins la pratique de l'apiculture. J'étais
terrorisé à la seule pensée de me faire piquer et j'ignorais
totalement l'existence d'organisations
apicoles.
L'usage de livres n'étant
en principe pas dangereux, c'est de cette manière que j'ai fait mes
premiers pas et j'ai commencé non pas dans un rucher mais à la
librairie. Mon premier achat fut l'ouvrage de Bertand que j'ai lu et
relu en essayant de comprendre ce qui se passe dans une ruche et, par
la même occasion, je me suis familiarisé avec le vocabulaire apicole.
Durant l'hiver j'ai suivi avec assiduité un cours pour débutants au
rucher école de Grangeneuve et grâce à M. Georges Franière, apiculteur
passionné, j'ai pu acquérir d'excellentes notions de base pour bien
débuter.
J'ai choisi des ruches de
type "Bürki", elles semblaient bien adaptées à mes besoins: 750 mètres
d'altitude, hiver long et climat froid de l'arrière pays. J'ai
construit un petit abri pour y loger 5 ruches, j'espère en retrouver
une photo. Ma première ruche provenait de Montet dans le Vully et je
suis reconnaissant à M. Georges Bücher de m'avoir permis de commencer
avec une belle colonie pourvue d'une jeune reine de sélection.
Il fallait aussi tout le
matériel nécessaire à l'exploitation du rucher. La maison Rithner à
Monthey a été la caverne d'Ali Baba pour l'apiculteur débutant que
j'étais. Je suis rentré avec enfumoir, voile, fourchette à
désoperculer etc. et même un extracteur radial inox, 16 cadres alors
que je n'avais encore qu'une seule ruche, mais cela je ne l'ai pas
dit! J'ai fait un excellent achat. Cet appareil même après 20 ans de
service est encore aussi beau qu'au premier jour.
La découverte de
l'apiculture ne tarda pas à se transformer en passion. Von Frisch,
grand entomologiste, n'a-t-il pas dit que la vie des abeilles est une
source enchantée. Cette phrase magnifique se confirme en permanence.
Au delà de la production de miel il y a cette vie des abeilles à
étudier, observer et essayer de comprendre. Il faut aussi accepter ses
erreurs, ses échecs mais quel bonheur lorsque coule le miel.
Souvent on me dit, ton
miel est excellent et invariablement la réponse est: ce ce n'est pas
mon miel mais celui de mes abeilles. C'est vrai qu'elles sont dans mon
rucher, mais m'appartiennent-elles? en suis-je le maître?
Pratiquer l'apiculture en
solitaire me paraissait peu raisonnable, mais je ne connaissais aucun
apiculteur si ce n'est de loin. J'ai pris contact avec la Préfecture à
Oron-la-Ville pour essayer de rejoindre une société pour autant qu'il
y en ait une. Ce jour là j'ai appris l'existence de la Société
d'apiculture de la Haute-Broye et le nom de son Président d'alors:
André Chappuis qui en l'an 2000 est riche de 64 ans de pratique
apicole. Un coup de téléphone et me voilà embarqué pour une aventure
que je n'aurais jamais imaginé.
Après avoir payé ma
cotisation j'ai reçu les numéros du journal d'apiculture déjà parus et
mon premier contact avec des apiculteurs fut la visite du rucher de
Pierre Dovat. Si ma mémoire ne me trahit pas c'était un pavillon "Bürki"
en bordure de forêt, à Savigny. J'ai retrouvé la date de cette
première visite dans le livre des procès verbaux. C'était samedi 15
septembre 1979.
Ensuite tout va très vite,
trop vite à mon goût. Le 20 novembre 1980, lors de ma première
participation à l'assemblée générale j'entre au comité et moins de
deux mois plus tard, le 13 janvier 1981 je suis déjà vice président.
Ignorant presque tout de l'apiculture c'était une démarche insensée.
La même année, je découvre
Apimondia à Acapulco au Mexique et c'est aussi l'occasion de faire
connaissance avec quelques apiculteurs Romands durant ce beau voyage.
Je découvre aussi La
Fédération Vaudoise d'Apiculture ainsi que la Société Romande
d'Apiculture.
Le 25 janvier 1983 je
deviens président de la section de la Haute-Broye et je n'ai que mon
inexpérience à offrir!
Lors de mes débuts, Frédy
Favez domicilié à Vuibroye, propriétaire d'un rucher magnifique,
m'avait invité à passer chez lui. L'année précédente il avait fait le
concours des ruchers et obtenu les médailles d'Or et Vermeil. Je les
avais trouvées superbes et inconsciemment peut-être, cela m'a donné
une petite idée mais ce but me paraissant inatteignable j'ai gardé mon
idée pour moi.
Onze ans plus tard cette
idée était devenue réalité, et au delà de
ces deux médailles gravées à mon nom, l'amitié qui s'est créée avec ce
concours est le plus beau des souvenirs. A ce succès j'associe tous
les apiculteurs qui m'ont permis de l'atteindre et tout
particulièrement mon ami Patrice Sudan, alors conseiller apicole et
inspecteur des ruchers, qui n'a ménagé ni sa peine ni son temps pour
transmettre ses connaissances, son expérience et sa passion des
abeilles.
J'avais construit un petit abri pour y loger la
ruche de mes débuts et assez rapidement les 5 places disponibles
furent occupées. A quelques pas j'ai rénové un vieux poulailler
abandonné pour augmenter un peu mon cheptel avec l'idée de réaliser un
véritable rucher.
Un ami qui devait se débarrasser d'un baraquement me
l'a offert pour une somme symbolique et après six ans, dont une grande
partie de démarches administratives, le rucher de mes rêves était
devenu une réalité.
J'y ai exploité jusqu'à 18 ruches, mais après avoir
diminué mon cheptel et subi une attaque par le varroa il ne me restait
au printemps 2000 que deux colonies. Malgré cela je remercie la
providence de ne pas m'avoir laissé sans abeilles et j'espère
reconstituer tranquillement mon rucher.
Le 10 octobre 1998 j'ai eu l'immense plaisir de
devenir compagnon apiculteur en entrant dans la Confrérie du Grand
Apier de Suisse.
Le 6 mars 2000 je présentais les sociétés
d'Apiculture du Jorat et de la Haute-Broye sur Internet, et avec la
réalisation de mon premier site, un rêve vieux de plusieurs années
prenait forme. Mon imagination étant
beaucoup plus rapide que mes possibilités, j'espère qu'il me sera
laissé encore un peu de temps pour réaliser mille et une chose.
Essertes, 25 décembre 1999 - 24 mars
2000
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